Je n’ai que quelques minutes, donc je vais directement au but sans les préambules de circonstance.

J’ai eu la chance de vivre ces cinq ou six dernières années de ce parcours depuis une position privilégiée, d’où j’ai pu suivre son évolution et écouter les prises de position et les points de vue concernant la recomposition du monde unioniste et autonomiste de la plupart d’entre vous.

Un parcours long et complexe, qui a vu ses protagonistes parfois très convaincus, parfois moins. Parfois très engagés, parfois moins aussi.

Aujourd’hui, enfin, nous y sommes… en cette journée importante pour l’avenir de la politique valdôtaine. Mais je suis convaincu que nous ne devons pas commettre l’erreur de nous reposer sur nos lauriers !

Ce n’est pas un jour de fête pour célébrer la fin d’un parcours, mais bien le début d’un travail concret sur le terrain pour réaliser tout ce qui, jusqu’ici, n’était qu’une idée.

Nous devons démontrer que nous sommes concrets et crédibles, car la majorité des autonomistes valdôtains ne se trouve pas dans cette salle. Si nous le sommes, les Valdôtains nous suivront et participeront. Il y a sans doute, dehors, quelqu’un qui aurait préféré voir une salle à moitié vide aujourd’hui — nous sommes donc particulièrement heureux et fiers de les avoir déçus !

Mais c’est surtout à ceux qui sont encore dans l’incertitude, et qui nous observent avec curiosité, que nous devons nous adresser.

Nous devons surtout prouver que nous avons tiré les leçons du passé, sans quoi nous risquons de recommencer le cycle des divisions et des fractures :

• Nous avons besoin d’un mouvement capable de transformer les idées en actions concrètes, à travers les élus à tous les niveaux.
• Nous avons besoin d’un mouvement qui encourage le débat, qui valorise les différences de points de vue et d’idées… et non pas qui cherche à uniformiser la pensée !

Autrefois, nous avons caché sous la cendre des rancunes inexprimées, des divergences jamais discutées ou, pire encore, jamais respectées. Au premier coup de vent, la braise s’est rallumée, et il était déjà trop tard pour éteindre l’incendie qui a provoqué les déchirures.

Nous avons tendance à nous célébrer, à soigner davantage la couverture du livre que son contenu ! Or, c’est à travers la confrontation que les idées différentes peuvent émerger et nourrir ce contenu.

C’est pour cela que je remercie sincèrement tous les candidats, mais surtout ceux qui ont résisté aux tentatives – parfois maladroites – de les dissuader de se présenter, sous prétexte qu’une candidature unique aurait donné une image de plus grande solidité à cette recomposition.
Ce n’était encore qu’une affaire de couverture !

Restons sur le contenu :

• Nous avons avant tout besoin d’un mouvement qui fixe la ligne politique, et surtout pas qui la subit.
• Nous avons besoin d’un mouvement totalement libre de faire de la politique. Cela peut sembler banal… mais, trop souvent, nous ne faisons pas vraiment de politique.
• Et en même temps, nous avons besoin d’un mouvement qui reste très éloigné de la gestion du pouvoir.

Si nous ne sommes pas capables de respecter ces règles simples, je crains que, dans quelque temps, ce que nous avons mis quinze ans à reconstruire soit à nouveau remis en cause – peut-être cette fois, sans retour possible.

À nous de jouer !
Bonne chance à nous, et à la Vallée d’Aoste.