Soixante-quinze ans de liberté. Aujourd’hui nous tenons tous banalement pour acquis même les valeurs les plus importants pour notre vie et pour notre société. Les passages dramatiques qui ont porté nos grands-parents à conquérir la liberté pour nous tous doivent, au contraire, rester bien ancrés au centre de nos esprits, pour que nous soyons à même de transmettre aux futures générations, comme nos grands-pères l’ont fait avec nous, le danger de l’épanouissement de courants enracinés sur la haine et les peurs. Les pires des totalitarismes sont surgis de la haine. Pouvons-nous être sûrs que ce type de danger, évidemment sous des formes différentes, ne soit plus parmi nous ? 

Le 25 avril 1945 la folie meurtrière de la dictature nazi-fasciste a été éradiquée de notre pays et des nouveaux parcours de démocratie - dès ce moment - sont finalement partis : la vie républicaine, notre Constitution et pour nous Valdôtains, le parcours compliqué de notre Autonomie et de notre Statut Spécial évidemment. Rien ne serait comme nous le vivons aujourd’hui, sans ce 25 avril d’il y a 75 ans. Notre liberté est née de la Résistance. Ce ne sont pas seulement les libertés sociales et d’expression démocratique qui sont surgies de ce moment historique, mais également nos libertés personnelles, aspect que nous avons tendance à sous-estimer avec facilité. 

Notre liberté de parole et d’expression n’est, justement, jamais mise en cause, même s’il faudrait se rappeler que, encore de nos jours, existent des pays au monde où la liberté de pensée n’est pas tout à fait donnée. Je pense par exemple au domaine, si cher pour nous, des réseaux sociaux et des limitations que de nombreux pays appliquent encore aujourd’hui.  Par contre, je crois que dans notre moderne société occidentale on est souvent penchés, surtout dans le monde virtuel dans lequel notre liberté est apparemment surdouée, plutôt sur nous-même que sur le monde qui nous entoure, et nous outrageons cette liberté qui nous est donnée, au nom de notre frénésie d’apparaître mieux de ce que l’on est. Tout cela dans le domaine de la politique devient tout particulièrement angoissant. Le web est plein de gens prêts à mettre les pieds sur la tête du voisin pour apparaître plus haut et plus fort, même si cela signifie l’étouffer dans la boue, ou plutôt encore semer des mensonges pour apparaître meilleur de l’adversaire. 

Si l’on connaîtrait la vraie valeur de la liberté et le prix payé pour la conquérir, on pourrait être tous plus respectueux de la liberté, surtout d’autrui. 

Vive la Vallée d’Aoste libre !